Détails du film


Unagi (Anguille, L')
poster Réalisateur: Shohei Imamura
Acteurs: Koji Yakusho (as Takuro Yamashita), Misa Shimizu (as Keiko Hattori), Mitsuko Baisho (as Misako Nakajima), Akira Emoto (as Tamotsu Takasaki), Fujio Tsuneta (as Jiro Nakajima), Sho Aikawa (as Yuji Nozawa), Ken Kobayashi (as Masaki Saito), Sabu Kawahara (as Seitaro Misato), Etsuko Ichihara (as Fumie Hattori), Tomorowo Taguchi (as Eiji Dojima), Chiho Terada (as Emiko Yamashita), Shinshô Nakamaru, Sei Hiraizumi, Seiji Kurasaki, Toshirô Ishido
Pays: Japan
Catégorie: Drama
Année: 1997

Résumé: Takuro, après huit ans passés en prison pour le meurtre de sa femme adultère, est mis en liberté conditionnelle. Il ouvre un salon de coiffure mais reste obstinément taciturne ne se livrant qu'à une anguille apprivoisée durant sa captivité. Keiko, une jeune femme qu'il sauve du suicide, devient son assistante et égaie bientôt le salon et la vie tranquille du solitaire Takuro. Mais le passé ressurgit pour chacun d'eux, avec ses démons.
Commentaire: Existe t-il palme d’or moins contestée que celle-ci durant les années 90 ? Lorsqu’en 1997, Isabelle Adjani, présidente d’un jury magnifiquement cohérent, annonce Shohei Imamura vainqueur pour la deuxième fois du Festival de Cannes (après La Ballade de Narayama), savait-elle qu’elle consacrait définitivement ce cinéaste comme l’un des plus grands auteurs du vingtième siècle ? La palme attribuée ex-æquo au pourtant très bon Goût de la cerise était même de trop, tant la suprématie de L’Anguille sur tous ses concurrents, y compris le film de Kiarostami, était évidente cette année là. Il y a dans ce film une telle jeunesse, un si grand sentiment d’originalité, que cette histoire pourtant lente et contemplative d’un meurtrier mis en liberté conditionnelle paraît plus proche du jeune cinéma japonais que de celui des contemporains du réalisateur. Imamura n’est pas Ozu, et encore moins Kurosawa, et avec tout l’amour que l’on peut porter à ces deux cinéastes, il faut bien reconnaître que les films du réalisateur de Pluie noire paraissent plus légers et accessibles. Et s’il fallait chercher un point d’ancrage pour le film, il faudrait aller du côté de Kusturiza et de son étrange Arizona dream. Comme le cinéaste yougoslave, Imamura a la particularité de dépeindre avant tout une galerie de personnages originaux, parfois proches de l’onirisme, et systématiquement drôles, plongés dans des situations singulières et surprenantes, au milieu d’un no man’s land. Le succès de L’Anguille a d’ailleurs permis a Imamura de reprendre une carrière interrompue trop tôt suite à un échec au box-office – celui de Pluie noire, justement.


L’Anguille, c’est avant tout l’histoire de ce repris de justice désirant se faire oublier, recommencer une vie plus calme durant laquelle il pourra expier la faute qui l’a conduit au meurtre de sa femme. Seul dans son salon de coiffure, il a pour seul compagnon son anguille, élevée dans la cour de la prison. Il y a quelque chose d’étrangement occidental dans ce récit d’un homme rattrapé par son passé – thème rebattu du cinéma américain, auquel De Palma a donné son meilleur représentant avec L’Impasse. L’originalité du film tient à la façon dont le cinéaste fait fusionner ce thème avec les siens. Personnages extraordinaires (au sens propre), monde du rêve, magnifiquement représenté par cette anguille, symbole de la vie passée de Takuro. Ainsi, les scènes de pêche méritent, à elles seules, le détour, tant elles sont symptomatiques d’un cinéma tournée entièrement vers la notion de rêve éveillé. Visuellement splendides, elles justifient pleinement l’achat d’un film méritant une seconde carrière.
Langue: Japanese
Sous-titres: English
Durée: 133 Min
Format vidéo: XviD MPEG-4 Codec
Format audio: AC3
Nombre de CD: 2